Au Gabon, la grève des enseignants, qui perturbe le fonctionnement du service public de l’éducation depuis près de deux mois, reste source de tensions entre les autorités et une partie du corps enseignant. Si le gouvernement évoque une reprise progressive des cours, plusieurs grévistes affirment que leurs revendications demeurent ignorées.
Lundi, le président Brice Clotaire Oligui Nguema s’est rendu dans deux des principaux établissements scolaires de Libreville : le lycée technique Omar Bongo et le lycée national Léon Mba. Lors de cette visite, le chef de l’État a multiplié les échanges avec les élèves et les enseignants, sans toutefois prononcer de discours officiel sur place.
C’est finalement sur les réseaux sociaux que le président a commenté son déplacement. Dans un message publié sur Facebook, il s’est réjoui d’avoir constaté, selon lui, le retour des enseignants et la reprise des activités pédagogiques. Il a évoqué la satisfaction des élèves, affirmant avoir observé leur joie de retrouver les salles de classe.
S’adressant directement aux enseignants, Brice Oligui Nguema, se présentant comme « fils d’enseignants », a assuré comprendre leurs difficultés. Il a promis de s’attaquer à leurs préoccupations de manière progressive et structurée.
Cependant, plusieurs enseignants mobilisés, qui se décrivent désormais comme des « enseignants précarisés », contestent cette version. En réaction à la publication présidentielle, ils affirment que la reprise des cours reste partielle, voire inexistante dans certains établissements. Ils estiment également que les réponses apportées par les autorités sont insuffisantes face à leurs revendications sociales et professionnelles, maintenant ainsi l’incertitude autour d’un retour complet à la normale dans le système éducatif gabonais.