La justice norvégienne a franchi une nouvelle étape dans une vaste enquête pour corruption liée au secteur pétrolier au Congo-Brazzaville. Deux ressortissants norvégiens et une filiale du groupe pétrolier norvégien Petronor ont été inculpés pour « corruption aggravée à grande échelle », a annoncé lundi 26 janvier à Oslo l’autorité norvégienne de lutte contre la criminalité économique, l’Okokrim.
Selon le parquet, des pots-de-vin d’un montant « particulièrement élevé » auraient été versés au président congolais Denis Sassou-Nguesso et à « des membres de sa famille proche » dans le cadre de l’obtention de permis pétroliers. L’enquête a débuté après la détection d’une transaction jugée suspecte vers une banque monégasque, qui a conduit les autorités de Monaco à solliciter l’appui de la Norvège.
Avec l’aide d’enquêteurs de plusieurs pays, dont les États-Unis et la France, l’Okokrim affirme avoir mis au jour un système de corruption structuré sur une dizaine d’années. Les poursuites visent Hemla Africa Holding, filiale à 100 % de Petronor E&P, ainsi que deux de ses dirigeants norvégiens.
D’après l’acte d’accusation, la société congolaise MGI International, contrôlée par des proches du chef de l’État, détenait 25 % de la société locale titulaire de la licence pétrolière, Hemla E&P Congo (HEPCO), contre 75 % pour Hemla Africa Holding. Les inculpés auraient veillé au versement régulier de dividendes de HEPCO à MGI, procurant jusqu’en 2024 un avantage estimé à au moins 24,68 millions de dollars au président congolais via sa famille.
Petronor rejette catégoriquement ces accusations et affirme vouloir défendre sa position devant les tribunaux. Faute de compétence juridique hors de ses frontières, la justice norvégienne ne peut toutefois poursuivre les bénéficiaires présumés au Congo, où les autorités n’ont pas réagi à ce stade.