Les discussions entre le Fonds monétaire international et le Sénégal restent dans l’impasse, révélant de profondes divergences d’analyse sur l’état des finances publiques du pays. Réunis le 13 avril à New York en marge des réunions de printemps, les responsables sénégalais et les représentants du FMI n’ont annoncé aucune avancée concrète vers un nouvel accord.
Côté sénégalais, le discours se veut rassurant. Le ministre de l’Économie Abdourahmane Sarr affirme que le pays est engagé dans une trajectoire de consolidation budgétaire, avec une maîtrise progressive du déficit et de la dette. Une position également défendue par le Premier ministre Ousmane Sonko, qui exclut pour l’instant toute restructuration de la dette.
Mais du côté du FMI, le ton est nettement plus prudent. Sa directrice générale, Kristalina Georgieva, insiste sur l’importance d’une gestion budgétaire rigoureuse et de réformes structurelles pour réduire les risques liés à l’endettement. Les projections de l’institution diffèrent sensiblement de celles de Dakar : le FMI prévoit une croissance de 2,2 % en 2026, contre 2,5 % selon les autorités sénégalaises, ainsi qu’un déficit budgétaire plus élevé, estimé à 6,7 % du PIB, contre 5,4 % avancés par le gouvernement.
Ces désaccords compliquent la reprise d’un programme de financement, suspendu depuis octobre 2024 après la révélation d’une dette cachée d’au moins 7 milliards de dollars. Sans convergence sur les hypothèses macroéconomiques de base, tout nouvel engagement semble difficile.
Dans ce contexte, l’avenir de la coopération financière entre Dakar et le FMI reste incertain, alors que le pays cherche à restaurer sa crédibilité budgétaire et à sécuriser des financements extérieurs essentiels.