Trois ans après le coup d’État du 26 juillet 2023, la frontière terrestre entre le Niger et le Bénin demeure fermée du côté nigérien. Si les relations diplomatiques entre Niamey et Cotonou se sont progressivement apaisées, la reprise des échanges commerciaux reste suspendue aux conditions fixées par les autorités nigériennes. Le général Abdourahamane Tiani a récemment réaffirmé que la réouverture ne pourrait intervenir qu’après la satisfaction de plusieurs « préalables », sans en préciser le calendrier.
Cette fermeture continue d’avoir un impact significatif sur l’économie du Niger. Certes, les exportations de brut sont assurées grâce à l’oléoduc reliant les champs pétroliers d’Agadem au terminal béninois de Sèmè-Kpodji, principal moteur de la croissance attendue en 2026. En revanche, les flux routiers via le corridor Gaya-Malanville restent interrompus, privant l’État de recettes douanières et renchérissant les coûts d’approvisionnement.
Selon l’économiste Ibrahim Adamou Louché, les retards dans l’acheminement des produits alimentaires, des médicaments et des intrants industriels alimentent les pénuries, perturbent la production des entreprises et pèsent sur la consommation des ménages. Pour les opérateurs du transport, cette situation fragilise également l’activité logistique d’un pays dont le port de Cotonou constitue historiquement la principale porte d’entrée commerciale.
Le FMI prévoit une croissance d’environ 7 % en 2026, soutenue par les revenus pétroliers. Mais l’institution souligne que les tensions sécuritaires, la volatilité des prix des matières premières et la fermeture persistante de la frontière limitent les retombées de cette dynamique. Au-delà de l’enjeu diplomatique, la normalisation avec le Bénin apparaît ainsi comme un levier essentiel pour restaurer la fluidité des échanges et consolider les perspectives économiques du Niger.