En République centrafricaine, les inquiétudes autour d’un possible départ de la MINUSCA se multiplient. En cause : la fermeture progressive de plusieurs bases de Casques bleus à travers le pays, parfois après plus d’une décennie de présence. Face aux rumeurs, la mission onusienne a tenu à rassurer, affirmant qu’il ne s’agit pas d’un retrait, mais d’une réorganisation stratégique de son dispositif.
Déployée en 2014 par le Conseil de sécurité des Nations unies à la suite de la crise déclenchée par le coup d’État de 2013, la Minusca adapte aujourd’hui sa présence sur le terrain. Selon son commandant de force, Humphrey Nyone, 21 bases doivent être fermées d’ici fin mars 2026. Une décision motivée notamment par des contraintes budgétaires et par la nature temporaire de certaines installations.
Sur le terrain, ces fermetures suscitent pourtant de vives inquiétudes. Dans des localités comme Dékoa, où une base a récemment été démantelée, des habitants redoutent un retour de l’insécurité et des exactions de groupes armés. La présence des Casques bleus était perçue comme un rempart essentiel pour la protection des civils et la stabilité des activités économiques.
Pour répondre à ces craintes, la mission insiste sur le fait que les zones concernées ne sont pas abandonnées. Les installations sont progressivement transférées aux autorités nationales et aux Forces armées centrafricaines, désormais appelées à jouer un rôle central dans la sécurité du territoire.
La porte-parole de la mission, Florence Marshall, a rappelé qu’un éventuel retrait complet ne pourrait être décidé que par le Conseil de sécurité. Un message destiné à apaiser les tensions, alors que la population reste attentive à l’évolution de la situation sécuritaire.