Au terme des «Assemblées annuelles 2026 du FMI et du Groupe de la Banque mondiale» tenues du 12 au 18 octobre à Bangkok, la capitale de la Thaïlande, le Directeur du Département Afrique du Fonds monétaire international, Zeine Zeidane a lancé des alertes sur «l’insécurité alimentaire en Afrique» durant les prochains mois à venir.
Les économies d’Afrique subsaharienne «risquent de connaître une aggravation de l’insécurité alimentaire si de nouveaux chocs continuent à faire grimper les prix des denrées alimentaires», a prévenu le haut fonctionnaire du FMI.
«Si l’on examine l’évolution des prix des céréales au cours des six ou sept derniers mois, on constate qu’ils ont considérablement augmenté en raison des engrais », a rappelé Zeine Zeidane.
«Il existe toujours un effet de décalage avec les engrais » et «il se peut que l’on ne puisse pas semer lors de la prochaine saison, ou que l’on doive semer avec des quantités limitées d’engrais », a-t-il expliqué, précisant que «si l’accès aux engrais est restreint, on peut s’attendre à ce que les rendements agricoles baissent, ce qui aura une incidence sur les prix» et la sécurité alimentaire en Afrique.
Le conflit entre les Etats-Unis et l’Iran et les perturbations liées au détroit d’Ormuz ont considérablement «fait grimper les prix des engrais cette année 2026, mais ce n’est là qu’un des facteurs affectant les perspectives d’insécurité alimentaire en Afrique subsaharienne», a précisé dans le même sens le responsable régional du FMI.
«Si de nouveaux chocs surviennent, nous risquons également d’enregistrer une faible production agricole dans de nombreuses régions du monde, y compris en Afrique. El Nino, en particulier, pourrait affecter de manière significative la production agricole et faire grimper l’inflation alimentaire», a averti l’institution de Bretton Woods.
L’alimentation représente une part importante du «panier de l’indice des prix à la consommation en Afrique. Si l’inflation alimentaire augmente fortement, l’inflation globale augmentera en conséquence», a ajouté Zeidane assurant que « nous sommes très préoccupés par l’inflation. C’est pourquoi nous préconisons une orientation plutôt restrictive en matière de politique monétaire afin de garantir que l’inflation reste sous contrôle».
Selon la dernière édition des «Perspectives économiques régionales pour l’Afrique subsaharienne» du FMI, l’inflation médiane dans la région devrait passer de «3,4% en 2025 à 4,3% en 2026, puis à 5% en 2027. Les prévisions de croissance s’établissent à 4,5% tant pour 2026 que pour 2027».
Face à de multiples chocs, notamment le conflit au Moyen-Orient, le FMI mène des discussions avec une dizaine de pays africains, dont le Sénégal et le Malawi, au sujet de nouveaux programmes potentiels, assure la Direction de cette institution de Bretton Woods.