Vers la Construction d’un drone à 100% européen?

Vers la Construction d’un drone à 100% européen?

drone-europeen
L’Europe est-elle prête à construire ses propres drones ? Il semble que oui à condition que les gouvernements acceptent de mettre la main dans la poche pour venir en aide aux constructeurs intéressés par un tel projet.
Trois des constructeurs aéronautiques européens les plus importants, à savoir EADS (Allemagne), Dassault Aviation (France) et Finmeccanica (Italie) ont en effet appelé les gouvernements européens à lancer la construction de drones de surveillance, un domaine où l’Europe est en reste par rapport à Israël et aux Etats Unis.
Les trois constructeurs qui se sont dits prêts à collaborer pour construire un drone européen de moyenne altitude, longue endurance (MALE) ont plaidé pour une assistance gouvernementale.
« Un tel programme conjoint renforcera les capacités des armées européennes, tout en permettant de surmonter les difficultés budgétaires actuelles par la mise en commun des ressources nécessaires à la recherche et au développement du projet,» ont souligné les trois constructeurs dans un communiqué publié simultanément à Munich, Paris et Turin.
Les constructeurs n’ont pas manqué de souligner le rôle croissant de tels engins dans la guerre des temps modernes.
D’ailleurs, les militaires français, après leurs expériences en Libye et plus récemment au Mali, ont clairement déclaré que l’armée avait besoin d’avions sans pilote pour améliorer la collecte de renseignements ainsi que la capacité de surveillance et de reconnaissance.
L’Allemagne a quant à elle annulé le mois dernier son projet d’acheter cinq Hawks, construits conjointement par EADS et l’américain Northrop, invoquant le coût très élevé de l’opération (plus de 1,3 milliards de dollars).
En dehors du coût d’un drone qui serait fabriqué localement, les trois compagnies ont également invoqué « la souveraineté et l’indépendance européenne dans la gestion de l’information et du renseignement » assurant qu’une technologie européenne permettrait d’éviter que les renseignements recueillis par les drones passent par les Etats-Unis ou Israël.
Les compagnies aéronautiques ont également assuré qu’elles allaient concevoir des technologies permettant le passage et l’exploitation des drones dans l’espace aérien européen en toute sécurité, répondant ainsi aux craintes souvent exprimées par les décideurs politiques quant au danger de voir ces engins voler dans le même espace aérien que les avions civils.
Les défenseurs du projet arguent par ailleurs que la technologie des drones militaires, en plus de faire progresser l’aéronautique militaire européenne, promet d’avoir des retombées pour l’aéronautique civile.

Thomas Haeflin

Thomas Haeflin

Journaliste, Blogueur basé à Bâle en Suisse. Expert dans la politique, Gouvernement et Économie.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

dix + sept =