Inde : les réticences au libéralisme économique

Inde : les réticences au libéralisme économique

Sollicitée par les Etats-Unis et l’Union Européenne pour un accès plus facile à son secteur économique, l’Inde traîne des pieds. L’une des raisons à cela est la tenue l’année prochaine d’élections dans le pays. Parmi les secteurs visés par les occidentaux, celui de l’agriculture emploie 55% de la population, ce qui représente un poids électoral non négligeable.
La situation actuelle de l’Inde ne se prête vraiment pas à une levée de ses barrières économiques. Mois après mois, le déficit commercial ainsi que celui des comptes courants se creusent. Et c’est dans ce contexte que le pays se voit accusé par les Américains de protectionnisme et que les Européens dénoncent les lenteurs des négociations sur un accord de libre-échange commencées il y a six ans. Une association d’entreprises américaines s’est plainte au début de ce mois au président américain des discriminations qu’elles subissent en Inde. L’Union européenne pour sa part souhaite une baisse des taxes d’importation sur les produits alimentaires, qui peuvent atteindre les 300%, celles sur les voitures de luxe ainsi qu’une ouverture du secteur bancaire aux investissements étrangers.
Les autorités indiennes ne manquent pas d’arguments pour justifier leur réticence à ouvrir l’accès au secteur agricole. Elles s’appuient sur les expériences passées avec Singapour ou encore la Malaisie. Les accords de réduction des barrières douanières avec ces pays ont détérioré la balance commerciale du pays selon elles. De plus, elles craignent que cette décision ne mette à mal son programme de sécurité alimentaire qui comprend une distribution gratuite de denrées alimentaires aux plus pauvres ainsi qu’une garantie d’un prix de soutien agricole minimum. Ce programme de sécurité alimentaire, issu de la Révolution verte qu’a connue le pays dans les années 1970, le protège des famines qui le frappaient autrefois.

Sarah J Cohen

Sarah J Cohen

Sarah J. Cohen est une juriste spécialisée en droit international, basée à Strasbourg. Elle a travaillé de nombreuses années en tant que consultante pour divers organismes internationaux après avoir été analyste dans une banque internationale en tant qu'analyste.

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