Plus de deux heures d’entretien téléphonique entre Joe Biden et Xi Jinping

Plus de deux heures d’entretien téléphonique entre Joe Biden et Xi Jinping

Les présidents chinois Xi Jinping et américain Joe Biden ont eu hier jeudi deux heures d’entretien téléphonique, au terme duquel ils se sont mis d’accord pour se rencontrer en personne à une date non encore fixée, a confié à la presse un responsable américain sous couvert de l’anonymat.

Cet entretien téléphonique est le cinquième entretien en tête-à-tête virtuel entre les deux dirigeants depuis que Joe Biden est devenu président il y a un an et demi. La Maison Blanche a indiqué que le principal objectif de Joe Biden était d’établir des « garde-fous » pour les deux superpuissances, afin d’éviter que leurs différends ne dégénèrent en conflit ouvert.

Selon l’agence officielle Chine nouvelle, le président chinois a averti au cours de cette conversation tendue son homologue américain de ne « pas jouer avec le feu » à propos de Taïwan.

Et de son côté Biden aurait dit à son interlocuteur, d’après la Maison Blanche, que la position américaine n’avait « pas changé » et que « les Etats-Unis s’opposaient fermement aux efforts unilatéraux pour modifier le statut ou menacer la paix et la stabilité dans le détroit de Taïwan ».

Les Etats-Unis reconnaissent le régime chinois depuis 1979, selon le principe d’une « Chine unique » dont la capitale est Pékin. Mais s’ils ne reconnaissent pas officiellement Taïwan, tout en soutenant militairement cette ancienne colonie britannique.

Depuis plusieurs jours, Pékin, qui était déjà en conflit avec Washington au sujet de leurs échanges commerciaux, menace de « conséquences » si la cheffe des députés américains Nancy Pelosi mène à bien son projet de visiter Taïwan.

La Chine estime que Taïwan, île peuplée de 24 millions d’habitants, est l’une de ses provinces historiques qu’elle n’a pas encore réussi à réunifier avec le reste du pays.

Opposé à toute initiative qui donnerait aux autorités taïwanaises une légitimité internationale, Pékin s’érige contre tout contact officiel entre Taïwan et d’autres Etats, et donc contre la potentielle visite de Nancy Pelosi.

Les responsables américains craignent que le président Xi Jinping ne soit en train de réfléchir à l’usage de la force pour imposer son contrôle sur Taïwan.

L’hypothèse d’une invasion ou d’une autre forme d’action militaire, autrefois considérée comme improbable, est de plus en plus prise en considération dans les calculs stratégiques américains.

 

Sarah J Cohen

Sarah J Cohen

Sarah J. Cohen est une juriste spécialisée en droit international, basée à Strasbourg. Elle a travaillé de nombreuses années en tant que consultante pour divers organismes internationaux après avoir été analyste dans une banque internationale en tant qu'analyste.