Mali : L’ONU prolonge le mandat de la Minusma, mais sans le soutien aérien français

Mali : L’ONU prolonge le mandat de la Minusma, mais sans le soutien aérien français

Le Conseil de sécurité de l’ONU a renouvelé hier mercredi pour un an le mandat de la Minusma, sa force de maintien de la paix au Mali, qui devra cependant se passer de l’appui des vols français. 

Rédigée par la France, la résolution sur le prolongement de la Minusma jusqu’au 30 juin 2023 a été adoptée par 13 voix sur 15, la Russie et la Chine s’abstenant. Le document prévoit un maintien des effectifs actuels et réclame aux Casques bleus de soutenir l’application de l’Accord de paix de 2015, une transition politique, le retour de l’autorité étatique dans le centre, la protection des civils et des droits humains. 

Le contentieux de la négociation avant le vote de cette résolution, et la raison de l’abstention de la Russie et de la Chine en soutien au Mali, s’est concentré sur les mentions aux droits de l’homme. Pour le Mali, il n’est pas question que les forces de la Minusma disposent d’une liberté de mouvement ou d’une liberté d’enquêter sur les exactions commises, sans l’accord préalable du gouvernement malien. 

Mais pour le bloc occidental, il est compliqué de financer une force de maintien de la paix au Mali sans que les critères de droits de l’Homme, définis par l’ONU, ne soient respectés. Les pays occidentaux ont obtenu l’inscription dans le texte d’un rapport trimestriel de la Minusma sur la question, ce qui devrait cristalliser les positions dans les mois à venir. 

Ces derniers mois, des ONG ont accusés les forces maliennes et leurs soutiens russes, notamment les mercenaires de la société privée russe Wagner, dont la présence est démentie par Bamako, d’atrocités. 

Dans le contexte du gouvernement de transition et du départ des forces françaises et européennes, l’ONU devra publier d’ici janvier une étude pour évaluer la mission et ses besoins, pour éventuellement adapter son format, et étudier l’évolution de ses relations avec la junte au pouvoir. 

L’absence du soutien aérien français, Bamako s’étant fermement opposé début juin à ce que Paris continue à agir sur son territoire avec ses avions basés au Tchad alors que l’armée française est en train de se retirer du Mali, pourrait compromettre l’implication de pays européens comme le Royaume-Uni ou l’Allemagne. 

Thomas Haeflin

Thomas Haeflin

Journaliste, Blogueur basé à Bâle en Suisse. Expert dans la politique, Gouvernement et Économie.