La présence de Brahim Ghali en Espagne crée une brouille entre Rabat et Madrid

La présence de Brahim Ghali en Espagne crée une brouille entre Rabat et Madrid

L’ambassadeur d’Espagne à Rabat, Ricardo Díez-Hochleitner Rodríguez, a été reçu ce samedi 24 avril au ministère marocain des Affaires étrangères, pour des explications sur l’admission du chef du Polisario, Brahim Ghali dans l’hôpital San Pedro à Logroño, sous une fausse identité et un passeport diplomatique algérien.

Alors qu’il fait l’objet d’un mandat d’arrêt européen émis par les tribunaux espagnols qui le poursuivent pour de graves délits (crimes, arrestations arbitraires, viols, tortures et violations des droits de l’homme), le chef des tortionnaires de Tindouf a quand même été autorisé à se faire soigner su le sol espagnol suite à un deal conclu en catimini entre les autorités d’Alger et de Madrid, d’après les médias espagnols.

Cette magouille a fait réagir la diplomatie marocaine qui exige à présent des explications de Madrid sur les dessous de cette transaction en violation des termes des accords de coopération et de partenariat stratégique liant les deux Royaumes.

Aussi le Département marocain des Affaires étrangères a fait part à l’ambassadeur espagnol de l’exaspération de l’Etat marocain quant à l’attitude de l’exécutif espagnol, considérée comme déloyale et incompréhensible, indique un communiqué du ministère marocain.

Les autorités marocaines ont également réitéré à l’adresse de l’ambassadeur du Royaume d’Espagne l’importance que revêt la question de l’intégrité territoriale pour le peuple marocain, le Sahara étant un sujet existentiel pour le Royaume du Maroc.

Pour le Maroc, l’attitude de l’Espagne suscite une grande incompréhension et des interrogations légitimes : «Pourquoi le dénommé Brahim Ghali a été admis en Espagne en catimini et avec un faux passeport ? Pourquoi l’Espagne a jugé utile de ne pas en aviser le Maroc ? Pourquoi a-t-elle opté pour son admission sous une fausse identité ? Et pourquoi la justice espagnole n’a pas encore réagi aux nombreuses plaintes déposées par les victimes ?»

Les réponses de l’ambassadeur d’Espagne ne semblent pas avoir donné pleine satisfaction à Rabat.

De son côté, la cheffe de la diplomatie espagnole, Arancha Gonzalez Laya a affirmé vendredi que les relations de son pays avec le Maroc ne seraient pas affectées par l’accueil en Espagne du chef du Front Polisario pour y être soigné, ajoutant lors d’une conférence de presse, que « cela n’empêche pas et ne perturbe pas les excellentes relations que l’Espagne a avec le Maroc ».

Talia Stiegler

Talia Stiegler

Spécialiste des marchés émergents, passionnée par les questions de stratégie et de business. Auteur et contributrice sur le site de l'Express http://communaute.lexpress.fr/membre/taliastiegler