Politique

Le torchon brule entre le Caire et Ankara

morsi-ardoganeLe ton est à l’escalade entre l’Egypte et la Turquie.
Dans la foulée de la crise diplomatique entre les deux pays, née au lendemain de la destitution du président islamiste égyptien, Mohamed Morsi par l’armée de son pays et la répression violente de ses partisans, le Caire vient d’expulser l’ambassadeur de Turquie et Ankara en a fait de même en s’appuyant sur le principe de la « réciprocité ».
Le Premier ministre turc, Recep Tayip Erdogan, proche des Frères musulmans en Egypte et dont est issu Mohamed Morsi, avait dans le passé qualifié sa destitution le 3 juillet par l’armée de « coup d’Etat » inacceptable.
Jeudi dernier Erdogan récidive en affirmant n’avoir « aucun respect pour ceux qui ont amené Morsi devant la justice », en référence au procès du président destitué et poursuivi en justice pour « incitation au meurtre » de manifestants lors de la révolte contre l’ancien régime de Moubarak.
De tels propos ont suscité l’ire des nouveaux gouvernants du Caire qui les ont qualifiés de « provocation » et d’«ingérence inacceptable » dans les affaires internes de l’Egypte.
Aussitôt après, le département égyptien des affaires étrangères a convoqué l’ambassadeur de Turquie au Caire, Huseyin Avni Botsali pour lui signifier qu’il était désormais « persona non grata » et devait quitte immédiatement le pays. En même temps, Badr Abdelaty, porte-parole du ministère a annoncé que l’ambassadeur d’Egypte à Ankara, Abderahman Salah ElDin, rappelé le 15 août d’Ankara, ne retournerait pas à son poste. Il sera remplacé par un chargé d’affaires, a-t-il précisé.
Tayyip Erdogan a réagi à cette mesure en déclarant à la presse, qu’il ne respecterait « jamais ceux qui sont arrivés au pouvoir par un coup d’Etat ».
Lors d’un rassemblement samedi matin à Trabzon, dans le nord de la Turquie, Erdogan a fait une nouvelle fois, le salut à quatre doigts, dit « main de Rabaa », signe de résistance au nouveau pouvoir égyptien et de solidarité avec les . Il a en outre affirmé que son gouvernement appuyait les partis démocratiques à travers le monde. « Nous ne respectons jamais ceux qui ne respectent pas les droits souverains du peuple ». Entre Ankara et Le Caire, c’est tout simplement la rupture totale et les relations risquent d’être interrompues pour longtemps.

Sarah J Cohen
Sarah J. Cohen est une juriste spécialisée en droit international, basée à Strasbourg. Elle a travaillé de nombreuses années en tant que consultante pour divers organismes internationaux après avoir été analyste dans une banque internationale en tant qu'analyste.
http://enjeux.info

2 thoughts on “Le torchon brule entre le Caire et Ankara

  1. Erdogan doit d’abord s’occuper de ses propres problèmes avec les jeunes protestataires qui sont dispersés à coup de bombes lacrymogènes..

  2. Les Turcs ne doivent pas trop en vouloir aux militaires égyptiens, car ces derniers depuis qu’ils ont fait tomber Morsi, ne s’entendent avec personne sauf qu’avec eux-mêmes. Heureusement qu’il n’y a pas de frontières terrestres communes entre turcs et égyptiens sinon c’est la guerre.  

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