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Chine : la capitale délocalise des usines pour préserver son environnement

Citant un document d’orientation des autorités municipales, Le Quotidien du Peuple, l’organe de presse officiel du Comité central du Parti communiste chinois, a annoncé la semaine dernière que la ville de Pékin allait fermer environ un millier d’usines d’ici à 2020 pour lutter contre la pollution et favoriser le développement économique d’autres régions.

Cette décision s’inscrit dans le cadre d’un plan de restructuration économique et environnemental adopté en 2014 qui vise à améliorer la coordination entre les différentes autorités locales des régions de Pékin, Tianjin et Hebei. L’un des objectifs de ce plan est de délocaliser toute l’industrie lourde de la capitale vers la nouvelle zone de développement économique de Xiongan, dans la province de Hebei. En janvier, Liu Bozheng, le directeur adjoint du bureau de Pékin chargé de superviser l’intégration de la région Pékin-Tianjin-Hebei, avait annoncé la fermeture cette année de 500 entreprises manufacturières ainsi que de 176 marchés et centres logistiques. Pékin a déjà rejeté les dossiers de 19 500 entreprises qui voulaient ouvrir une usine et en a fermé ou déplacé 2 465 autres. Au lieu et place des industries lourdes, la capitale va privilégier les industries high-tech.

Avec environ 22 millions d’habitants, Pékin est confronté depuis plusieurs à un grave problème de pollution. Les autorités du pays ont décidé de prendre le problème à bras-le-corps. Le gouvernement a réorienté son économie et ses modes de consommation vers les énergies non fossiles. Les entreprises et institutions les plus polluantes ont été taxées, d’autres ont reçu des subventions et recommandations, pour passer du chauffage au charbon au chauffage au gaz ou électrique. Et en mai 2017, alors que les Etats-Unis annonçaient leur retrait de l’accord de Paris sur le climat, la Chine s’engageait à investir 360 milliards de dollars dans les énergies renouvelables d’ici 2020. Toutes ces mesures ont contribué, selon une étude de la revue « Nature Geoscience » publiée ce mois-ci, à faire baisser les émissions de CO2 chinoises de 4.2% entre 2013 et 2016.

Talia Stiegler
Spécialiste des marchés émergents, passionnée par les questions de stratégie et de business. Auteur et contributrice sur le site de l'Express http://communaute.lexpress.fr/membre/taliastiegler
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