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Chypre : Les phoques moines, objet d’une confrontation entre promoteurs immobiliers et défenseurs de l’environnement

le lancement de deux projets immobiliers à proximité de l’habitat naturel des phoques moines sur la grande île de Chypre ont provoqué l’ire des défenseurs de l’environnement.

L’habitat naturel des phoques moines le long des plages chypriotes a été classé zone Natura 2000 par l’Union européenne. La Convention de Barcelone pour la protection de la Méditerranée et ses protocoles, établis sous l’égide des Nations unies et ratifiés par l’Union européenne, recommandent de ne pas construire dans une bande de 100 mètres au moins à partir du rivage et la loi chypriote y prévoit une zone de protection de 91 mètres, mais le lancement de deux projets immobiliers dans cette bande interdite, remettent en cause ces directives.

Le premier projet du promoteur Leptos, porte sur la construction d’un lot de villas, dont une est à environ 25 mètres du rivage. Le second est mené par un autre promoteur, Korantina Homes, toujours le long de la zone protégée Natura 2000, et prévoit un hôtel et 44 villas de luxe.

Une source proche du dossier indique le ministère de l’Environnement s’était basé pour approuver le projet, sur de vieilles cartes ne prenant pas en compte l’érosion et donnant l’impression que les villas sont plus éloignées du rivage qu’elles ne le sont vraiment.

Pour sa défense, Leptos, qui ne manque de rappeler qu’il a toutes les autorisations nécessaire, met en avant son programme de facilitation de l’obtention de passeports européens à des clients investissant plus de deux millions d’euros, très prisé par les Russes et les Chinois, et qui a été mis en place à Chypre pour attirer des investissements après la crise économique de 2013.

Selon l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), les phoques moines ou « monachus monachus », évoqués dans « l’Odyssée d’Homère, ne sont plus que 300 en Méditerranée, principalement près de la Grèce.

Persécutés durant des siècles, ils ont abandonné les plages trop fréquentées pour se reproduire dans des grottes. Et à Chypre, après dix ans de reproduction attestée, ils seraient entre sept et dix.

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