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Burkina Faso : Les dessous de l’opération antiterroriste de la semaine passée

Les forces de sécurité burkinabè ont conduit le 22 mai dernier une opération antiterroriste à Ouagadougou qui a permis de neutraliser un groupe de quatre djihadistes présumés, deux Burkinabè et un Malien tués, et un second Malien interpelé.

La saisie d’un téléphone portable de l’un des assaillants abattus à l’ambassade de France lors des attaques du 2 mars dernier dans la capitale du Burkina Faso, a permis aux forces de sécurité d’identifier plusieurs suspects au Mali, en recroisant différents numéros.

Ils ont ensuite procédé à l’établissement d’un dispositif de surveillance avec la coopération des services maliens et l’appui technique des Français. Ce dispositif a permis de localiser ces suspects dans la zone de Bamako et de les suivre jusqu’à leur entrée au Burkina Faso, une dizaine de jours avant l’opération du 22 mai.

Les services burkinabè les ont ensuite pistés depuis leur entrée sur leur territoire jusque dans le quartier Rayongo, en périphérie d’Ouagadougou, avant qu’ils ne soient appréhendés dans la villa qu’ils occupaient par les forces spéciales de la gendarmerie nationale.

En neutralisant ces suspects, les services de sécurité burkinabè auraient également empêché un autre attentat puisqu’il semble que le commando prévoyait une attaque contre une caserne militaire aux alentours du 10 juin.

Cette opération antiterroriste menée avec succès n’épargne pas pour autant les services de sécurité burkinabè des critiques de l’ONG Human Rights Watch qui a dénoncé cette semaine, «des exécutions sommaires, des mauvais traitements et des arrestations arbitraires» dans des opérations antiterroristes entre 2017 et 2018 au Burkina Faso.

L’ONG a publié un rapport intitulé «Le jour, nous avons peur de l’armée, et la nuit des djihadistes», dans lequel il rapporte des témoignages selon lesquels des membres des forces de sécurité du Burkina Faso ont été identifiés dans au moins quatorze exécutions sommaires présumées et quatre hommes seraient morts de sévères mauvais traitements présumés en détention.

Les autorités à Ouagadougou ont promis des enquêtes sur tous les cas d’exactions cités dont elles affirment qu’elles n’avaient pas connaissance.

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